PEUT ON PARLER D AMOUR SANS PARLER DE MME PIAF.

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PEUT ON PARLER D AMOUR SANS PARLER DE MME PIAF.

Message  Admin le Lun 7 Mai - 6:28

UNIONS DURABLES ET OLIVIER OBRINGER VOUS PROPOSENT :

PEUT ON PARLER D AMOUR SANS PARLER DE MME PIAF.

Edith Piaf est née le 19 décembre 1915

À 5 heure du matin devant le 72 de la rue Belleville sur le trottoir sous un réverbère sur une pèlerine d'un agent de police. Sa mère l'a appelée Edith en souvenir d'une jeune anglaise : Edith Cavale.
Au bout de 2 mois, la mère d'Edith qui était une artiste, n'ayant pas de coeur, avait refilé sa fille à sa mère habitant rue Rébeval.
Suite à une permission fin 1917, le père Gassion va voir Edith et juge du désastre. Edith sale, rachitique sachant qu’à l'époque il n’y avait pas tous les secours qu'il y a maintenant.
D'ailleurs Louis GASSION, n'en aurai pas profité malgré sa pauvreté, il n'aurait déposé sa fille à l'assistance, ainsi le père d'Edith confie sa fille à sa mère qui habite Bernay dans l'Eure ou elle tient une Maison Close au 7 rue Saint Michel.
En arrivant chez la grand-mère paternel, on s'emploi au décapage de la petite, en la nettoyant on s'aperçoit qu'elle a les yeux mités, tout collés et ce n'est que 2 mois plus tard qu'une des filles s'aperçoit qu'Edith se cogne partout. Edith devient aveugle à trois ans. Elle ne trouvera la vue qu'à six ans, le 21 août 1921. Une guérison miraculeuse que les pensionnaires de sa grand-mère imputent à leurs prières à Ste Thérèse de l'Enfant Jésus. Le dimanche suivant la maison sera fermée et toutes les filles s'en vont rendre grâce à la Sainte qu'Edith vénérera toute sa vie.
Edith a sept ans, pendant un an environ, Edith va à l'école, elle a tout à apprendre. Quand le père vient à Bernay, le curé lui fait la morale :
"Il faut l'emmener, vous comprenez c'est un scandale sa présence dans ce genre de maison quand elle ne voyait pas elle pouvait encore être élevé dans une maison de ce genre mais là vous comprenez. On ne peut pas tolérer ça"
Et voila Edith la petit âme pure repart au coté de son père sur le trottoir, faire l'acrobate avec son père et chanter dans les rues, afin de faire la quête et récoltait de l'argent.

Mon conservatoire : c’est la rue

Après avoir vécu quelques temps avec son père, Edith part et va chanter dans les rues elle dit à sa demi-sœur de venir chanter :
« J’ai pas de patron, je suis libre, je travaille quand ça me plait. Si tu veux je t’engage ! »
Elle dit à la mère de Simone qu’elle l’embauche, la première rue, c’est la rue Vienne, dans la soirée, elle ramène une centaine de francs. Dans la rue, Edith chante des chansons telles que Le Chaland, le dénicheur. Et mon beau sapin : pour les quartier riches il fallait que se soit mieux, Edith leur chantais aussi tout le répertoire de Tino Rossi parce que ça… ça avait de la classe ! Et Les Mômes de la Cloche

Suivant les quartiers il faut choisir son répertoire. Dans le froid c’est connu au music hall. C’est une bonne école, la rue. C’est là qu’on passe le certificat d’études de la chanson. Le public on le voit, il est en face de vous, contre vous. On sait ce qui lui plait, ce qu’il n’aime pas. Et si parfois, il pleure, la quête sera bonne. Edith et sa sœur font tout Paris, de Passy à la porte de Montreuil. Les samedi, faut pas faire les quartiers chics, les gens font leurs achats, ils sont pressés et ont bien d’autre chose à faire que de s’occuper de vous.
En semaine, on peut faire les champs Elysées, Passy, le XVe c’est bon le matin, les femmes sont encore là. Elles voient deux mômes qui chantent dans la rue, elles ont envie d’ouvrir la fenêtre et de donner de l’argent mais de vite refermer pour ne pas avoir froid. C’est un public de connaisseurs. Et le samedi les quartiers ouvriers, ils donnent moins à la fois mais plus souvent. Puis ils donnent pour le plaisir parce qu’ils sont contents pas pour faire bien.

Marcelle

Edith a 17 ans, elle rencontre Louis Dupont son premier vrai grand amour. On le surnommait alors « P’tit Louis » il était livreur. Au bout de deux mois plus tard Edith tombe enceinte. Elle avait eu une grossesse facile. Les femmes ont tout donné, de layette, et tout un tas de bazars. Edith a été heureuse d’avoir sa petite, elle l’avait appelé Marcelle. Entre Edith et P’tit Louis s’était terminé.
Edith est retournée quand même chanté dans la rue avec la petite. Un matin, Edith et Momone rentrait à l’hôtel et on lui avait annoncé que le P’tit Louis était venu et avait embarqué la petite.
P’tit Louis a gardé la môme. Il ne pouvait pas s’en occuper, elle restait toute seule à l’hôtel. Elle était mieux avec Edith parce que, somme toute, elle ne s’en occupait pas si mal que ça.
Puis un soir, P’tit Louis est venu, il les retrouvait toujours. Il n’a pas fait grandes phrases :
« La petite est à l’hôpital, elle est très malade »
Cecelle était atteinte d’une méningite et n’avait que deux et demi. Elle était déjà dans un autre monde. Quand Edith et Momone sont arrivées à l’hôpital le lendemain matin, elles sont montées, l’infirmière a dit à Edith :
« Où allez vous ?
- Je vais voir Marcelle Dupont
- Elle est décédé depuis six heures quarante cinq »

Pas un mot de plus, pas un mot de trop. Edit voulait revoir Marcelle. Ils les envoyés à la morgue. Elle voulait une mèche des cheveux, il n’y avait rien pour la couper, la tête de la petite ballottait… Ce sont des images qu’on ne peut pas oublier.

Il fallait de l’argent pour l’enterrement. Le lendemain ça allait mieux ; Edith est retournée chez Lulu. Il était tard. Lulu a fait la quête, les filles ont fait la quête entres elles. Il manquait encore dix francs pour enterrer Marcelle. Il fallait quatre vingt franc. Edith s’est promené sur le boulevard et elle a dit :
« Tant pis… je vais le faire »
C’était la première fois. Elle n’avait jamais fait ça. Elle s’est promenée sur le boulevard de la Chapelle et elle a rencontré un homme qui lui a proposé de monter avec elle.
Elle y a été. Dans la chambre il lui a demandé pourquoi elle faisait ça. Edith lui a dit que c’était pour enterrer sa petite fille, qu’il lui manquait dix francs. Le type lui a donné plus de dix francs et il est reparti. Tout ça pour qu’un croque-mort porte la petite boite sous le bras comme un paquet.

Louis Leplée

« Comment t’appelles-tu ?
- Edith Gassion
- Très mauvais pour un nom de théâtre. Tu n’as pas autre chose ?
- Si, Denise Gey
- Ecoutes, je t’ai trouvé dans la rue et je devrais t’appeler la Môme Moineau, mais il en existe déjà une on va t’appeler la môme Piaf, pour moi tu es comme un Petit Piaf de Paris et voilà comment la môme Piaf est née. »


Il y a huit jours, je passais Rue de Troyon une petite fille chantait, j’ai voulu qu’elle se présente à vous telle que je l’ai trouvé, la voici.
Mon arrivé fit une impression terrible, il eut un silence de mort, les gens devaient se demander si Leplée n’était pas devenu pas subitement fou, il se peut bien que ma misère les gênaient, j’était très intimidé aussi et je ne l’ai regardé pas, je me suis appuyée contre un colonne les bras derrière le dos et j’ai commencé à chanter, j’était terrorisé, les gens sont resté un long moment sans applaudir et tout d’un coup la salle est partie et je crois bien que c’est applaudissement là, je ne l’ai oublierai jamais.

Mais le destin frappe brutalement, Louis Leplée, l’ami et protecteur se fait assassiner quelques semaines seulement après ses débuts dans des circonstances restées mystérieuse elle-même est soupçonnée.

Raymond Asso

Tout le monde avait lâché Edith. Sur les doigts d’une seule main, elle comptait ses amis.
Si les amis avaient lâché Edith, la presse ne l’avait pas oubliée et la police non plus. Ils la surveillaient discrètement, à leur manière, ça rudoyait autour d’elle comme des chacals. Pour le travail, Edith croyait qu’elle avait de la chance. Les directeurs de cabarets de tout poils bourdonnaient autour d’elle comme de grosses mouches vertes. Ils ne lui offraient pas beaucoup, elle ne pouvait pas avoir d’exigences, mais pour eux, elle reniflait le bon scandale et c’était de la publicité gratuite qu’ils offraient.
Edith a été engagé dans une boite de la place Pigalle qui s’appelait O’dett, du nom de son animateur.
Un soir, il faut croire qu’en prenant les tickets, ils avaient accrochés leurs belles manières au vestiaire. Après la première chanson, dans le silence, quelqu’un a sifflé.
Un type bien, à cheveux blancs s’est levé :
« Pourquoi vous sifflé ?
- Vous ne lisez pas les journaux ?
- Si mais je laisse à la police le soin de juger. Et ici, elle n’est qu’une artiste comme une autre. Si vous n’aimez pas ce qu’elle fait, taisez vous ou alors applaudissez la »

Et il s’est mis à applaudir. Quelques uns ont suivi. Malgré ça, elle n’a pas renouvelé son contrat, elle n’avait plus le moral.
Elle n’a plus goût à rien. La mort de Leplée lui apparaît comme un mauvais présage. Noire de chagrin, comme dans ses chansons, elle rentre à Paris et elle connaît un des étonnants sursauts de vitalités, un de ces actes tournés vers son destin de chanteuse comme elle sera tout au long de sa vie. Elle appelle un homme connu grâce à Leplée, lui demander de l’appeler le jour où elle aura besoin de lui : Raymond Asso. Grand, sec, autoritaire, ce brun qui aussi tendre que dur, a pratiqué plusieurs métiers et a même été légionnaire. Pour elle, il lui écrira Mon Légionnaire

Celui-ci a décidé de faire d’elle une vedette. Selon lui, elle ne sait encore rien faire. Il empoigne cette chanteuse inexpérimenté : il la contraint à travailler pendant des mois. Inlassablement, il lui apprend à se présenter, à s’habiller, à ordonner et à régler un tour de chant. Raymond écrit les premières chansons importantes de Piaf et généralement Marguerite Monnot en compose la musique. Il part en guerre le 4 août 1939. Asso écrira aussi pour elle, Elle fréquentait la rue Pigalle, Un jeune homme chantait, Le grand voyage du pauvre nègre, Je n’en connais pas la fin, Les Deux Copains, Browning, C’est lui que mon cœur a choisi….
L’importance d’Asso dans la carrière de Piaf est considérable. Asso obtient le premier passage de Piaf dans un music hall.

Le Bel Indifférent

Edith est devenu en quelque moi la coqueluche de Paris. Pour elle Jean Cocteau fascinait créer le « Le Bel Indiffèrent » dans cette pièce dure la comédienne se révèle.

Cette pièce sous deux version en 1940 avec Paul Meurisse au théâtre des Bouffes Parisiens et une deuxième version en 1953 avec Jacques Pills au théâtre Marigny.

Si elle a eu quelque mal à se mettre au jeu théâtral, elle est parvenue à être convaincante. Le spectacle est un grand succès. Cocteau inventera également pour elle Le Fantôme de Marseille, monologue écrit pour Piaf d’après le conte portant le même titre, mais elle ne l’interprétera pas.

Michel Emer

Les premières années de la guerre sont très supportables. C’est à la fin de 1939 que Michel Emer, qu’elle ne connaît que de vue, lui apporte, au cours d’une permission sa chanson l’Accordéoniste. L’anecdote est célèbre : Piaf ne veut pas recevoir cet auteur en uniforme, elle n’a pas le temps. Il se met au piano et chante.
Edith est émue et lui demande de la rechanté, il était arrivé à 17h et il était repartie 3h la parti était gagné et elle chanté le soir même à Bobino cette chanson, à la fin de la chanson le public se demandait si la chanson était ou n’était pas fini et cette chanson est devenu aujourd’hui le succès que tout le monde connais.
Pour elle, Michel Emer écrira la plupart de ses chansons comme De l’autre coté d’la rue, le Disque Usé, la Goualante du pauvre Jean…
En 1941, elle tourne son deuxième film, Montmartre sur Seine, pour lequel Georges Lacombe a réuni Jean Louis Barrault, Paul Meurisse et Henri Vidal

Yves Montand

Montant fils d’émigré italiens, travaillant à Marseille depuis l’age de treize ans. Dans une usine de pâtes alimentaires d’abord, puis comme docker aux chantiers de la Méditerranée.
Le dimanche, quant il ne se produit pas dans des galas populaires sa sœur coiffeuse essaie sur lui un appareils à indéfrisable dont il reçoit les premières décharges.
C’est en février 1944 qu’il monte à Paris et passe à l’ABC, où il se fera traiter de zazou à cause d’une veste à carreaux que Piaf plus tard lui fera (rapidement) enlever.
Quand Montand arrive à Paris, Piaf est déjà une étoile, et en petit caïd, il n’est pas décidé à plier l’échine devant une femme fut-elle la grande Piaf.
Pourtant, il devra lever le torchon au Moulin Rouge dans un spectacle dont elle est la vedette et où c’est à elle de décider.
Leur affrontement est surprenant. Elle reconnaît d’une manière foudroyante et c’est bien là que réside le génie de Piaf Montand. Elle le décortique avec une lucidité implacable. Elle lui démontre que ses américains n’ont de poids que parce que les Allemands sont encore là mais que lorsqu’ils seront partis, les Français n’auront que faire des cow boys et des marchands de saucisse de Central Park.
Montand baisse la nuque. Il a trouvé son maître.
Piaf l’oblige à travailler pendant des heures avec un crayon dans la bouche pour lui faire perdre son accent. Elle va lui distiller tous ses secrets car, si Piaf est incroyablement dominatrice dans le travail, elle est aussi d’une très grande générosité.
Pour la première fois, elle va se heurter à un être qui est sa race. Quelqu’un qui a autant d’ambition qu’elle, autant de courage et d’obstination.
Leur rencontre sera explosive.
Edith tigresse ? Edith Pygmalion
Amoureuse de Montand
Pour la première fois, elle fait chanter son corps sur scène. Elle ne veut pas seulement que ses amours soient connues. Elle veut qu’elles soient célébrées, et c’est elle qui écrit les mots d’amour qu’il lui dira devant les autres.
Au retour d’une tournée en Alsace, elle est revenue avec un Compagnon de la Chanson, elle a fermé sa porte à Montand avec la dureté dont elle a le secret.
Montand pleura vraiment. Il riait avec elle. Il l’admirait. Il ne s’y attendait pas et peut être aussi qu’il aimait… Mais cette petite femme démesurée avait décidé, cette fois-ci, de pygmalionniser neuf garçons, les Compagnons de la Chansons. Elle voulait les couper de leur folklore comme elle avait arraché Montand à ses cow-boys. Piaf voulait toujours avoir raison.

A la conquête de l’Amérique

Mais Edith Piaf a toujours aimé les défis. En 1946, elle part pour l’Amérique avec les Compagnons de la Chansons dans leur bagage un grand succès Les Trois Cloches. Aux Etats-Unis après des débuts difficiles, elle conquérra un public de plus en plus larges, elle devient l’amie des plus grandes vedettes américaines. C’est dans un cabaret de New York « Le Versailles », qu’elle trouve un véritable port d’attache, représentant pour le public américain une bouffé de cette France un peu mystique, elle y reviendra très souvent.
Les critiques américaines l’ont souvent surnommée « The Frenche Billie Holiday »

Marcel Cerdan

Pour bien comprendre l’émotion provoqué par l’idylle de Piaf et Cerdan, il ne faut pas oublier que, vivant, il n’aurait sans doute pas « tenu » plus que les autres. Il est important de démystifier cette histoire dès le début pour qu’elle conserve son poids de rêve, qu’elle demeure le cliché parfait dans la vie de Piaf, doublé par la mort, Piaf n’a pas eu le temps de plaquer Cerdan, ils sont cloués l’un à l’autre pour l’éternité.
Piaf était seule à New York après son mini échecs auprès des Compagnons de la Chanson avaient signé des contrats pour une tournée dans toutes grandes des salles des USA.
Mais Edith n’avait pas de temps à perdre à ce moment-là : quatre heures d’anglais par jours et la préparation de son tour de chant. Aussitôt qu’Edith apprenait, elle se transfigurait. Son accent anglais devint superbe, comme l’était son accent allemand. Elle avait un don pour les langues et refusait de chanter à l’étranger si on ne lui traduisait pas ses chansons.
Cerdan téléphone un jour à Piaf. Ils s’étaient rencontrés une fois à Paris au Club des Cinq. Ils sont français tous les deux, à la une des journaux, idoles des Américains. Pourquoi ne dîneraient-ils pas ensemble ?
Ce qu’elle ne savait pas encore, c’est que cet homme bon, naïf, inculte cet homme qui parle avec ses mains, cet homme va faire battre son cœur comme il n’a peut-être jamais battu. Cela s’explique : c’est la première fois dans la vie amoureuse d’Edith qu’elle ne se trouve pas dans la position d’aider quelqu’un sur le plan professionnel. Ils sont à l’égalité. Ils s’admirent mutuellement du fond de leur innocence.
Une nuit, il l’emmène à la foire à Coney Island. Ils s’amusent comme des gosses. Lorsqu’ils descendent du scénique railway, Cerdan est acclamé puis Edith est reconnue et on la supplie de chanter La Vie en Rose.
Piaf est devenu l’image de ce bonheur dont elle croyait qu’il lui serait toujours refusé.
C’est pendant la période Cerdan qu’Edith sera invitée à la table de la Princesse Elisabeth et c’est pendant cette période qu’elle fera pleurer Charlot.
Pour Edith, c’est merveilleux. Elle est devenue « la femme ». Ca la rend très heureuse. Il y a bien la pensée de Marinette et des enfants qui la tracasse, mais elle ne leur veut pas de mal : elle n’y peut rien. Marcel, c’est le destin.
Hélas, c’est elle qui se subsistera au destin pour demander à Marcel d’avancer son voyage.
« Mon amour, je t’en supplie, viens tout de suite, je n’en peux plus d’attendre… Prend l’avion, le bateau c’est trop long… viens vite.
- Bien a répondu Marcel. Demain je serai là. Je t’embrasse, je t’aime »
Ce furent ces dernières paroles.
Pourquoi Edith a-t-elle voulu que Marcel revienne ce jour-là ?
Loulou Barrier était à New York. Il ne quittait pas Edith. Il avait décidé qu’il irait chercher Marcel à l’aérodrome. Pour elle, l’arrivée était trop tôt le matin. On était le 28 octobre 1949.
En arrivant à l’aéroport, Loulou a appris que l’avion Paris –New York s’était écrasé aux Acores. Tous de suite, il a su que Marcel était dans la liste des morts.
Quand Edith a vu Loulou revenir seul, elle a poussé un cri.
« Il arrivé quelque chose à Marcel ! Il est mort »
Normalement, Marcel aurait du la réveiller.
Barrier ne pouvait rien lui répondre. Les mots ne passaient pas. Il la regardait, et son silence était plus terrible que tout.
Dans la journée, les télégrammes ont commencé à arriver. De partout, on lui téléphonait.
Quand Loulou lui a dit « J’ai tout arrangé. Tu ne chantes pas ce soir » Elle est sortie du vague « Je chante ce soir »
Elle était tellement épuisée qu’il a fallu la doper.
La salle du Versailles était archicomble. Quand elle est entrée, plus petite, plus perdue que d’habitude, dans son cercle de lumière, la salle entière s’est levée, l’a applaudie.
Alors elle a dit
« Non, rien pour moi. Ce soir, c’est pour Marcel Cerdan que je chante. Pour lui seule. »
Elle a tenue le coup, dramatique, pâle. Elle a tenu.
Elle devait chanter huit chansons.
Elle en a chanté quatre.
Elle attaque « l’Hymne à l’amour » :
Elle ne roule encore que de la musique. Viennent enfin les mots, des mots.
Elle tombe, perd connaissance.
Et le rideau l’enveloppe.
Cette nuit la, Loulou a dormi dans la chambre d’Edith. Il n’osait pas la laisser seule.

Le début de la série noire

Le guéridon est une sombre histoire.
La mère de Ginette Neveu, disparue dans le même accident que Cerdan, avait téléphoné à Piaf pour lui dire qu’elle était parvenue à communiquer avec sa fille.
A partir de cette minute, Piaf vécut dans l’idée de parler avec Marcel. Parler avec Marcel par l’intermédiaire d’un guéridon qu’elle fit acheter en toute hâte, et qui hélas se mit à galoper très vite à la moindre question d’Edith.
Le guéridon était très dur avec Edith. Il lui reprochait son avarice. Il lui donnait des conseils financiers presque toujours au profil des mêmes personnes. Momone prit une prodigieuse revanche à ce moment là sur Edith, qui l’avait éloignée au moment de son aventure avec Cerdan, car elle savait parfaitement que Momone vivait dans l’idée fixe de la doubler avec son amants pendant son tour de chant, ce qu’elle fit très souvent.
Edith ne vivait plus pour les heurs qu’elle passait avec le guéridon. Il fallait l’emmener pendant tous les déplacements. Malheur à celui qui l’oublierait.

Jacques Pills

Piaf veuve de Cerdan, n’a toujours pas été mariée. Elle rêve d’une cérémonie comme elle rêvait de la première communion qu’elle n’avait pas faites. C’est au moment où elle commence, attaqué par la drogue, une hallucinante destruction d’elle-même qu’elle épouse Pills.

Elle l’épouse à New York en septembre 1952, dans l’église ou elle allait prier tous les jours pour le repos de l’âme de Cerdan.
Elle se marie dans une robe bleu pâle. Marlène Dietrich est son témoin. Radieuse, droguée, elle espère une fois encore que son image sera plus forte qu’elle.
Pills est un tendre, un faible. Piaf n’en fera qu’une bouchée. Elle a repris le goût des farces qu’elle faisait lorsqu’elle était Piaf rivale de Lucienne Boyer, qui chantait Parler moi d’amour dans son cabaret.
La liaison Pills et Piaf durera quatre ans. Leur séparation se fera en 1956. Divorce.

Théo Sarapo

Le 29 décembre 1960, sur la scène de l’Olympia, la vedette qu’on croyait « finie », triomphe une fois encore. Elle a sacrifié certaines chansons de Monot au profit de celles de Dumont et Vaucaire. Elle s’est même lancée une impossible chansons sur la folie, les Blouses Blanches
Elle est peut être meilleure que jamais. Elle tient l’affiche près de quatre mois.
La maladie attend patiemment qu’elle ait fini son tour à coup d’énergie et de drogue. L’usure, les rhumatismes l’abattent, elle est l’objet de soins constants. Elle prendra bientôt une infirmière constamment à côté d’elle. L’idylle avec Dumont s’use elle aussi. Comme s’était défaite celle avec un jeune peintre américain, Douglas Davis, au caractère semble-t-il un peu faible mais il laisse des portraits de Piaf assez forts et douloureux qui servirent d’affiches et de pochettes de disques.
Claude Figus le secrétaire de Piaf, introduit un jour un jeune Grec, Theophanis Lamboukas. C’est un admirateur de vingt six ans. On apprendra plus tard qu’il est de son métier garçon coiffeur. Il ne tarde pas à dire son désir d’épouser Edith Piaf. Celle-ci est bouleversée par la pureté et la jeunesse de Théophanis. Elle reporte le mariage à une date ultérieur à son prochain passage à l’Olympia. Elle décide auparavant de faire de lui un chanteur. Michel Emer accepte d’écrire une chanson pour eux deux. Il apporte A quoi ça sert l’amour. Ils chanteront ensemble à l’Olympia. Tous les soirs de septembre 1962, elle passe dans le music hall du boulevard des Capucines, Théo Sarapo apparaît dans la première partie. A la fin de celle-ci, Piaf rejoint Sarapo et chante avec lui parait si grand et peu à l’aise…. Dans la seconde partie, Piaf présente un tour de chant sans chansons nouvelles remarquables, comme une de ses dernières œuvres mise en musique par Francis Lai : Les Tambours. En octobre, Piaf et Sarapo se marient. Une grande partie de l’opinion publique est choqué. Edith a quarante sept ans mais c’est une ruine. Son public accepte cependant presque tout d’elle.
Elle a beau être épuisée, elle part plusieurs mois en tournée, en France et en Belgique. Elle a trop besoin d’argent pour arrêter. Toute la presse à scandale pressent et attendent la mort ; des bataillons de photographes et de cinéastes la suivent et la traquent pas à pas pour prendre des images de ses chutes ou, encore mieux de sa mort. Et elle le sait.
Quatre mois après l’Olympia, elle passe à Bobino. Plusieurs nouvelles chansons comme le Chant d’amour, la dernière qu’elle ait écrite. Pitoyable dans sa loge, elle est étonnante sur scène. Elle n’est pourtant plus la même, ses traits ont grossi. Mais la magique Piaf opère et les représentations ont lieu dans un climat de ferveur exceptionnel. Les mois qui suivent sont des mois de cliniques, d’hôpitaux, de chambre forcée. Elle trouve néanmoins la force d’enregistrer en avril L’homme de Berlin et de travailler avec Michel Rivgauche à une comédie ballet, La Voie, qui sera achevé ultérieurement.

Un Piaf meurt un peuple pleure

Elle meurt le 11 octobre 1963 dans son lit à Cannes, sans photographes. Jean Cocteau qui est mourant, apprend la nouvelle et s’éteint peu après, dans la même journée. Les hommages à l’un à l’autre se mêleront, cette année là.
Les obsèques d’Edith Piaf ont lieu au Père Lachaise le 14 octobre. Tous ses camarades sont là, de Becaud à Pills, de Lucienne Boyer à Marlène Dietrich… La foule est considérable.
Théo Sarapo reste seul, avec plusieurs dizaines de millions de dettes. Il en remboursera une bonne partie, essaiera de refaire surface dans la chanson. Mais il disparaîtra à son tour dans un accident de voiture un jour de 1970. Il aura été la plus innocent et le plus pur des êtres qui ont compté dans la vie d’Edith Piaf.

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